Fans de Robert Ludlum, ne désespérez pas: si l'auteur de thrillers est mort lundi à Naples (Floride) d'un arrêt du cœur, son agent a tenu à rassurer immédiatement les lecteurs. A l'âge de 73 ans, le prolixe fabricant de fictions paranoïaques travaillait encore sur trois œuvres qui seront publiées bientôt.

Il vendait 18 livres à la minute dans le monde

Ludlum n'est venu à l'écriture qu'à l'âge de 40 ans après une modeste carrière de comédien doubleur de pubs. Bien lui en a pris: depuis L'Héritage Scarlatti en 1971, son succès n'a cessé de croître. Toutes éditions confondues, il vendait 18 livres à la minute, dans le monde entier. Son dernier éditeur, St. Martin's Press l'avait arraché à Bantam books avec un contrat de 4 millions de dollars par livre. Ce qui n'empêchait nullement les critiques américains d'être très sévères envers son style emphatique, sa manière de souligner les évidences qui faisaient de lui un «John Le Carré à la sauce hollywoodienne». Il partageait avec l'espion britannique le goût des fictions paranoïaques qui se nourrissaient avec délectation de la guerre froide. Les secrets d'Etat et la corruption, dévoilés par un individu solitaire et courageux, étaient les thèmes récurrents de ses gros romans construits avec une habileté qu'il disait devoir à son expérience théâtrale.

Son premier roman traitait du financement du IIIe Reich par les industriels, l'espionnage restant au cœur de la plupart des épais volumes qui hantent les librairies de gares et d'aéroports.