Le réalisateur Chris Wedge signe Robots, son deuxième film en images de synthèse après L'Age de glace. Il s'amuse à y maîtriser le métal. Cabossé, rouillé, tranchant ou forgé, l'univers de Robots trouve la parfaite densité du fer blanc, de l'aluminium ou de l'acier.

Son héros, Rodney le petit robot de la campagne, possède un corps blanc et turquoise inspiré des anciennes camionnettes VW. Et ainsi de suite, chaque personnage et chaque recoin du film étant une gigantesque entreprise de recyclage, en particulier de l'explosion électroménagère des années 50 et du psychédélisme de la décennie suivante.

Pourtant, lorsque Rodney quitte la campagne et ses parents pour rejoindre Robot-Ville, il découvre, justement, que le roi du recyclage, celui qui fournit des pièces de rechange à la population, a été mis sur la touche par son conseil d'administration. Pire, son remplaçant a décrété que les pièces usagées seront désormais fondues. Fini le monde bigarré: pour survivre, les robots devront s'équiper de tenues clinquantes et absolument uniformes. Drôle de bout en bout, Robots a donc le bon goût supplémentaire de transposer le Metropolis de Fritz Lang.

Robots, de Chris Wedge (USA 2005).