The Young Gods. Knock On Wood. (Muve Recordings/Musikvertrieb)

Débrancher les machines - du moins les plus complexes d'entre elles - et s'en remettre aux guitares sèches, à la sitar, à la voix et à quelques discrètes percussions pour réarpenter 20 années de discographie: le pari des Young Gods, dont la marque de naissance reste d'avoir fait du sampler un instrument rock à part entière, était risqué.

Il est pourtant gagné. Certainement parce que l'on n'a pas affaire ici à l'une de ces voracités commerciales nommées «unplugged» - c'eût été un non-sens -, mais à des morceaux intégralement repensés pour une configuration acoustique. Un fond dépouillé sur lequel la voix de Franz Treichler déploie mieux encore sa palette de subtilités.

Cette façon de faire du neuf avec du vieux accouche de réjouissantes curiosités: par exemple pour «Gasoline Man», furie rock de l'album T. V. Sky (1992) qui prend du coup des accents de blues envolé. Autre exemple, «Longue Route» (originellement sur L'Eau Rouge, 1989), qui aura perdu son poids industriel pour la vélocité de guitares qui ne dépareraient pas forcément dans l'arrière-salle d'un bar andalou...

De bout en bout, Knock On Wood témoigne de la richesse des choix esthétiques qui sont ceux des Young Gods depuis plus de vingt ans: car, aussi profondément recalibrés soient-ils, le potentiel de poésie et d'énergie de leurs titres, sous de nouveaux masques se manifeste toujours.