Johnny Hallyday. Ça ne finira jamais. Warner Music.

S'il a promis-juré d'arrêter la scène en 2010, au sortir d'une tournée-épopée dès le mois de mai prochain baptisée «M'arrêter là», Johnny n'est pas prêt pour autant à débrancher le micro et les amplis. Après sa dernière parenthèse blues pas indigne mais plutôt sonnant toute de carton-pâte, voilà donc qu'il crie clairement que ça ne finira jamais.

Sur fond de binarité rock FM, ce nouvel album studio, stratégiquement publié, constitue un avant-goût de l'artillerie scénique qui sera déployée pour son ultime tour de piste. Le cow-boy de 65 ans ne donne donc que très peu dans les demi-teintes au fil de ces treize morceaux de bravoure (hormis «Emily», titre le plus nuancé musicalement aussi). Hurlant la plupart du temps sur de pénibles morceaux confondant vitesse et précipitation, Hallyday comblera d'aise ses irréductibles, horripilera ses détracteurs et ne devrait ramener aucune nouvelle ouaille dans son bercail qui s'apparente de plus en plus à un mausolée rock'n'roll.

Une lapalissade en termes d'effets produits par l'adepte d'un répertoire sudorifère depuis un demi-siècle, et qui n'a une fois encore point lésiné à s'entourer d'un aréopage de plumes et compositeurs renommés (Cabrel, Christophe Maé, Raphaël ou Grand Corps Malade). Et de Joss Stone pour lui donner une braillarde réplique sur la 500e reprise dénombrée au moins d'«Unchained Melody» (Les enchaînés). Ce disque poussif, prétexte à actionner le tiroir-caisse, a toutefois le mérite de finir sur une note d'autodérision grâce un rock endiablé qui cite Mick Jagger comme modèle de longévité: «Je tiendrai bon».