Jusqu’au 25 mai, le hashtag #Cannes2019 sera l’un des plus utilisés sur Twitter. Chaque jour, parmi les milliers de gazouillis générés par le festival, «Le Temps» en retient un, prétexte à parler de Cannes, de sa Croisette, du cinéma, mais pas seulement.

#Un jour, un tweet

Chaque année, à Cannes, un film projeté hors compétition fait l’événement. Cette année, cet honneur est revenu à Rocketman, de Dexter Fletcher. L’acteur et réalisateur, après avoir remplacé Bryan Singer sur le tournage de Bohemian Rhapsody sans être crédité, signe ici un autre biopic musical, un portrait pop et impressionniste de Sir Elton John. A l’instar de l’hommage hagiographique à Freddie Mercury et Queen, Rocketman est calibré pour attirer les foules. Car le timing est parfait: alors qu’il raconte l’aube de la carrière du chanteur, celle-ci en est à son crépuscule: l’interprète de Crocodile Rock s’est en effet embarqué dans une tournée d’adieu événement qui devrait s’achever, car dans le fond rien ne presse, en décembre 2020.

Bohemian Rhapsody avait agacé les fans de Queen. Le film, bien que plaisant, occultait en effet les zones d’ombre d’une star tourmentée. Pas de ça dans Rocketman, qui parle d’homosexualité, de dépression, d’alcool et de drogue, jusqu’à la rédemption symbolisée par le tube I’m Still Standing. Et comme forcément tout film a ses raccourcis, ceux-ci sont habilement contournés par une mise en scène rythmée comme une pop song et magnifiés par de formidables moments de comédie musicale, tel le numéro inaugural qui voit l’Elton des années 80 retrouver la rue de son enfance.

A Cannes, la fête de Rocketman fut apparemment belle, avec un duo Elton John-Taron Egerton, son double cinématographique. A peine arrivé, le chanteur, attendu samedi à Copenhague, est reparti. Fin juin, il offrira au Montreux Jazz le premier concert en stade de son histoire. Si on était Mathieu Jaton, on n’hésiterait pas à proposer une projection de Rocketman en guise d’apéritif.