L’auteur de La Tentation nihiliste, Roland Jaccard («R.J. pour les intimes», note L’Histoire de la littérature en Suisse romande), né à Lausanne en 1941, était revenu vivre en Suisse ces derniers mois. Lui qui s'était installé en France avait retrouvé brièvement ce pays dont il estimait que «le caractère s’y aigrit et l’esprit s’y endort». Il s’est donné la mort lundi 20 septembre à l’âge de 79 ans, comme l'a annoncé notamment l’écrivain Jean-Michel Olivier sur Facebook. Il était alors, selon son entourage, de retour à Paris.

Spécialiste de l’histoire de la psychanalyse, auteur de livres où il cultivait la noirceur, une désillusion sardonique et s’étalait sur la drague de jeunes écolières, cet admirateur de Cioran, défenseur et ami de Gabriel Matzneff, jouait de longue date avec l’idée du suicide. «Encore dix ans, très précisément, à vivre. C’est ce que je m’accorde», écrivait-il en août 1990.

Lire: Roland Jaccard: «Une journée idéale, selon Henry Miller»

Il fut un temps chroniqueur au Monde, mais privilégia deux formes d’écrits: l’essai (L’Exil intérieur, 1989, Manifeste pour une mort douce, avec Michel Thévoz en 1992) et l’autofiction, sous forme de journal (Une Fille pour l’été, 2000, Sexe et Sarcasme, 2009, etc.).

Lire aussi: Quand Roland Jaccard se déguise en Henri-Frédéric Amiel

Il s’était rapproché de la rédaction de Causeur, où il écrivait parfois. Sur son blog, son dernier article fustige le «concours de bêtises» médiatiques et fait l’éloge d’un presque candidat à la présidentielle française: «Je n’ai jamais caché ma sympathie pour Eric Zemmour», écrivait-il.