Roland Petit, grande figure de la chorégraphie française et créateur de plus d’une centaine de ballets, est mort dimanche à Genève à l’âge de 87 ans, a-t-on appris dimanche auprès de l’Opéra de Paris.

Né le 14 janvier 1924 à Villemomble (nord-est de Paris) d’une mère italienne et d’un père cafetier aux Halles, un quartier populaire de la capitale française, il avait débuté à 10 ans à l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris. Au cours de sa longue carrière, il est passé par les Ballets des Champs-Elysées (1945), les Ballets de Marseille (1972-1998), Hollywood où il a collaboré avec des grandes compagnies de danse classique, et par le Casino de Paris où il invente en 1961 un spectacle complet autour de la danseuse étoile Zizi Jeanmaire, sa femme et sa muse.

Membre en 1945 des «Ballets des Champs-Elysées», il crée «Les Forains», puis «Le Jeune homme et la mort» avec Babilée. En 1948, il fonde les «Ballets de Paris» et crée «Les Demoiselles de la nuit» pour Margot Fonteyn.

Dès leur création, ses chorégraphies, qui témoignent de sa conception théâtrale du ballet, deviennent des classiques et entrent au répertoire. Son ballet «Carmen» (1949) avec Zizi, marque le début de sa notoriété.

A son retour des Etats-Unis, Roland Petit adapte la comédie musicale américaine au goût français et monte avec «la Revue des Ballets de Paris», «Mon truc en plumes», pour Zizi (1961-62). En 1966, il triomphe avec «L’Eloge de la folie».

Nommé en 1970 directeur de la danse à l’Opéra de Paris, il renonce rapidement à sa charge et monte de grands spectacles au Casino de Paris qu’il a racheté (»La Revue», «Zizi je t’aime»). Puis le couple abandonne l’entreprise en 1976.

Avec «Les ballets de Marseille», Roland Petit crée des oeuvres magistrales ( «Pink-Floyd ballet», «Le Chat botté», «La Dame de pique», «Ma Pavlova», «Le Guépard», «Le Lac des cygnes et des maléfices»). Après Marseille (sud-est de la France), il continue de créer de nouveaux ballets («Clavigio») et remonte ses oeuvres à travers le monde.

A l’automne dernier, il était revenu à l’Opéra de Paris avec trois de ses plus célèbres ballets : «Le Rendez-vous», «Le Loup» et «Le Jeune homme et la mort». «A chaque fois qu’il vient, c’est le retour de l’enfant prodigue», soulignait alors Brigitte Lefèvre, directrice de la danse de l’Opéra.

Roland Petit habitait depuis une dizaine d’années à Genève. Il a eu avec son épouse Zizi Jeanmaire une fille, Valentine.