Une chose est sûre, c’est que la pandémie aura profondément changé nos attentes à l’égard de l’Etat. Mais loin de clarifier les rapports que nous entretenons avec lui, elle n’a fait que les compliquer un peu plus. L’irruption du virus a d’abord paru signifier le retour en grâce d’un Etat protecteur, après des décennies de critiques et de détricotages: qui n’est pas soulagé de le trouver encore à même d’organiser, tant bien que mal, notre survie collective?

Mais il nous a vite fait sentir son poids paternaliste une fois qu'ont été imposées de lourdes mesures coercitives qui nous confisquent nos libertés et notre bien-être au nom d’un intérêt supérieur dont l’évidence n’est pas toujours limpide: pour nous-mêmes, pour les autres, pour les deux à la fois? En nous enjoignant de mener une existence cloisonnée, l’Etat ne paraît-il pas saper les bases mêmes qui le justifient, à savoir la vie en commun?