Richard Lourie. La Haine des tulipes. A Hatred for Tulips. Trad. de Sylvie Finkelstein. Noir sur Blanc. 164 p.

Richard Lourie aime plonger dans des univers qui lui sont étrangers, les étudier et les reconstituer: ce journaliste, romancier et traducteur américain a signé un Moi, Staline et un Sakharov, une biographie, tous deux chez Noir sur Blanc. Dans La Haine des tulipes, il explore la Hollande de la IIe Guerre mondiale, en tournant autour d'un de ses épisodes les plus tristes, l'arrestation d'Anne Frank. A la famille cloîtrée de la jeune fille juive, il oppose une autre famille, de Hollandais ordinaires, tentés par la collaboration avec l'occupant nazi. L'oncle fait porter des brassards à croix gammée à ses deux neveux qui, eux, réclament à grands cris des étoiles jaunes qu'ils trouvent beaucoup plus jolies. Joop, le grand frère, à peine adolescent, se démène pour tenter de subvenir aux besoins de ses parents, de ses frères, de plus en plus misérables et malades. De débrouilles en sacrifices, celui qui est encore presque un enfant ira jusqu'à l'infamie pour sauver les siens. Les faits sont posés d'une manière presque journalistique, les émotions tempérées et le roman habile.