Avec le Sarde Marcello Fois et le Parmesan Carlo Lucarelli, Loriano Macchiavelli est le cofondateur du Groupe 13 de Bologne, qui a fait du roman noir un outil de dénonciation des travers de la société italienne. Grâce à son style sarcastique, Derrière le paravent, réédité l'an dernier trente ans après sa parution, n'a rien perdu de son pouvoir corrosif dans la description du quartier ghetto du Pilastro, construit pour donner un toit aux immigrés du Sud. C'est une des premières affaires où apparaît le couple d'enquêteurs original formé par le sergent Sarti Antonio et l'éternel étudiant Rosas, grand lecteur de «Charlot» Marx. Elle a pour cadre Bologne, où l'auteur, d'abord écrivain de théâtre, est né en 1934. On y découvre le portrait d'une ville qui croyait encore aux utopies de 1968, à travers l'histoire du vol de trois pièces de monnaie qui met en scène un gamin, pauvre mais futé, et sa mère, qui plaît beaucoup à notre sergent. Lequel se fait un devoir moral, malgré sa hiérarchie, de retrouver l'assassin du petit Claudio.