Rodolphe Petit. Les Aventuriers du ciel. Dessins de Xavier Löwenthal. Castagnié, 224 p.

C'est bien le texte le plus étonnant qui ait paru chez les éditeurs romands depuis longtemps. Dans les premières pages, la surprise est heureuse. Les brèves séquences, numérotées de 1 à 172, se suivent avec allégresse, traçant les contours d'un polar foireux. Il s'agit du vol du portrait de Thomas More par Holbein par une bande de nuls. Tout va de travers de manière réjouissante. Rodolphe Petit manifeste un superbe sens du détail, de l'image, des raccourcis. On pense à la précision d'un Tanguy Viel et autres auteurs de Minuit.

Puis l'intrigue dérape dans le cauchemar burlesque. Le Mahatma Gandhi emmène le héros malheureux dans une exploration du sous-sol des pyramides. Le récit s'enlise, de citations littéraires en longues digressions recopiées sur la pluie et la neige. Une deuxième partie prend la forme d'un opéra-bouffe, une sorte de Ubu «light», qui réunit les personnages, dont le portrait de Holbein, dans un oratorio libertaire. Vraiment déconcertant, ce premier livre attachant s'égare quand même un peu trop. Les dessins subtils de Xavier Löwenthal font un contrepoint également énigmatique.