Tout a commencé par un coup de fil impromptu. Un certain Pierre Keller. «Bonjour, un étudiant m’a parlé de vous. Je suis à Paris, vous déjeunez avec moi?» Intrigué, Ronan Bouroullec accepte l’invitation de cet inconnu dans un restaurant chic de la capitale. Nous sommes à l’aube des années 2000, le designer industriel a moins de 30 ans, mais déjà une solide réputation. Avant d’attaquer le plat principal, le directeur de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) est emballé. «En regardant son portfolio et en discutant avec lui, Pierre a immédiatement perçu le talent de Ronan. Il a tout fait pour qu’il vienne à l’école», se souvient le designer Francisco Torres, présent lors du repas.