Art contemporain

Rosemarie Castoro, l’artiste maximum

Le Mamco de Genève redécouvre l’œuvre foisonnante mais oubliée de l’artiste minimaliste new-yorkaise

Au Mamco, on raconte l’histoire de l’art de ces soixante dernières années avec les œuvres de ses grandes signatures. Normal. Mais on aime aussi la parcourir à travers ses acteurs parfois éjectés sur le bas-côté. «La figure du vaincu a une richesse de fiction et beaucoup plus de potentiel que celle des vainqueurs sur laquelle tout, ou presque, a été dit», estime Lionel Bovier, directeur du Musée d’art moderne et contemporain. C’est le cas de Martin Barré, acteur majeur de cette peinture abstraite française qu’on tend trop souvent à ramener aux seuls Daniel Buren et Pierre Soulages et à qui le Mamco consacre la première rétrospective depuis 1993.

Et de la New-Yorkaise Rosemarie Castoro, que l’on redécouvre au premier étage du musée. L’artiste disparue en 2018 a pâti d’être à la fois femme et artiste à une époque, les années 1960, qui revendiquait pourtant l’égalité en toute chose. En quarante ans de carrière, elle laisse pourtant une centaine d’œuvres, dont une trentaine de sculptures et d’installations que pratiquement personne n’a jamais vues.