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Le Rosey, une école, un réseau d’influence

L’internat de Rolle accueille les enfants de l’élite financière mondiale

Une école, et un réseau d’influence

La Suisse compte plusieurs internats prestigieux, mais l’Institut Le Rosey à Rolle est sans doute l’un des plus célèbres, et des plus onéreux. Accueillant chaque année 400 élèves, entre 8 et 18 ans, l’établissement facture un écolage annuel moyen d’environ 100 000 francs (extras obligatoires non compris), pour un cursus entièrement bilingue et couronné, à choix, d’un bac international ou d’un bac français.

Le campus de 28 hectares, semé d’arbres bicentenaires, se déploie autour d’un château, et offre toutes les installations possibles de loisirs et de sport. Les étudiants, mais aussi les enseignants et leur famille, y sont logés, ce qui est considérable, sachant que l’école a un ratio profs-élèves de 1 pour 5.

Durant les trois mois d’hiver, pour échapper au brouillard qui engloutit la région, le campus et tous ses occupants se déplacent à Gstaad, où l’école possède un vaste réseau de chalets. Récemment, pour faire face à sa croissance, Le Rosey a entrepris de construire un tout nouveau campus d’hiver sur 4 hectares de terrain agricole déclassé. Les permis de construire sont en cours d’obtention.

Héritiers prestigieux

Ce cadre d’enseignement ultra-luxueux s’adresse à des enfants qui ne sauraient être impressionnés. L’institut, en effet, accueille depuis ses débuts les futures têtes couronnées du monde entier, les héritiers d’empires industriels ou les enfants de célébrités. Parmi les anciens Roséens, on recense le dernier shah d’Iran et plusieurs membres de sa famille, le prince Rainier III de Monaco, le roi Juan Carlos d’Espagne, plusieurs rois des Belges, quelques ducs du Luxembourg, divers Aga Khan, un cousin de la reine Elisabeth II, le dernier roi d’Egypte, et aussi celui du Burundi. Au rayon des célébrités et fortunes de provenances diverses, citons le financier suisse Arpad Busson (le mari d’Uma Thurman), Emmanuel Philibert de Savoie, le milliardaire égyptien Dodi al-Fayed (feu l’amant de Lady Di) ainsi que les enfants de son oncle, le vendeur d’armes saoudien Adnan Kashoggi, la fille de Diana Ross, plusieurs membres de la famille de Rothschild, ou, encore, Nicholas Negroponte, fondateur du MIT Media Lab et créateur de l’ordinateur à 100 dollars. A ceux-là se sont ajoutés ces dernières décennies les enfants des nouvelles grandes fortunes russes, chinoises ou sud-américaines.

L’école, qui s’est dotée d’un système de quota – 10% d’élèves au maximum provenant d’un même pays – peut donc se targuer d’un réseau d’anciens élèves à la fois largement distribué et extrêmement influent, qui s’entraide et se réunit fréquemment autour d’événements partout dans le monde.

La programmation ci-dessus a sans doute vocation à réunir et divertir ce réseau. Toutefois, elle ne compte en rien sur son financement, puisque les frais inhérents à ces événements sont entièrement couverts par la billetterie, et des mécènes locaux – banques, horlogers, opérateurs de jets privés – que cette prestigieuse clientèle intéresse.

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