Une séance unique comme un voyage dans le temps. Dimanche au Théâtre du Jorat, à Mézières, La Roue sera montré tel qu’il a été originellement projeté au Gaumont-Palace, prestigieuse salle de cinéma parisienne de 6000 places, le 16 février 1923. Pour Jean Cocteau, c’était un fait, il y a eu un avant et un après La Roue. Ce très long métrage de près de sept heures d’Abel Gance (1889-1981), futur réalisateur de Napoléon (1927) qui venait alors de signer un vibrant J’accuse (1919), était en effet, dans le paysage cinématographique de l’époque, hors norme. Alors que Charlie Chaplin n’était pas encore passé au long métrage, le Parisien signait une œuvre-fleuve révolutionnant le langage cinématographique à l’aide d’une mise en scène et d’un montage audacieux. Divisé en un prologue et quatre chapitres, La Roue aura nécessité seize mois de tournage, pour 150 heures de rushes et 2300 mètres de pellicule.