La soprano franco-suisse Capucine Keller s’est formée à l’Université de Genève en musicologie puis à la Haute Ecole de musique de Lausanne (HEMU). La rencontre avec le répertoire baroque est pour elle une évidence. Très vite, elle fonde avec le claveciniste Pierre-Louis Rétat l’ensemble Chiome d’Oro, avec lequel elle enregistre en 2020 un premier disque, Le Théâtre du Monde. Capucine Keller chante également régulièrement avec la Cappella Mediterranea de Leonardo Garcia Alarcon et avec l’ensemble Les Traversées Baroques.

Vous connaissez La Folia, ce festival installé depuis plus de vingt ans dans le Pays-d’Enhaut, et qui se niche chaque année à la Pentecôte dans la jolie église de Rougemont. Fondé par le journaliste Antonin Scherrer et le facteur de clavecins Jean-Michel Chabloz avec le désir de donner à la musique baroque une résonance particulière, La Folia est un rendez-vous incontournable pour les aficionados du baroque, qui viennent directement en chaussures de marche et sans chichi écouter les plus grandes stars de ce répertoire et voir éclore des projets audacieux.

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A deux jours du lancement de la 22e édition, la directrice Capucine Keller, se dit confiante: «Pour le moment, aucun changement d’artistes, pas de malade du covid. Hormis la pluie qui est souvent de la partie à la Pentecôte, tout roule.» La jeune femme s’est vu proposer de reprendre la direction de La Folia il y a maintenant sept ans. «C’est un festival à taille humaine qui me correspond tout à fait. Je n’aurais jamais imaginé postuler, mais j’en suis ravie! J’apprends énormément et les défis à relever sont toujours différents. Cette année, nous organisons pour la première fois, samedi soir, un concert hors les murs au temple de Château-d’Œx. Nous proposons également une collaboration inédite avec le Lions Club du Pays-d’Enhaut pour un concert caritatif. Il s’agit d’une belle cause au profit du Festival au Pays des Enfants

Qualité de l’écoute

Pour la directrice, ce qui fait le succès de La Folia, c’est d’abord la qualité d’accueil tant au niveau des artistes que du public. «Etant musicienne, je sais que les conditions que nous offrons aux artistes sont cruciales pour qu’ils aient envie de donner le meilleur d’eux-mêmes au moment du concert. La Folia, c’est une sorte de cocon avec une ambiance très familiale et beaucoup de joie de partager la musique dans un lieu intimiste. Nous accueillons des musiciens qui ont de très grandes carrières. Souvent, ils me disent que ce lieu est particulier. D’abord l’acoustique de l’église est fantastique, mais il y a aussi la qualité d’écoute de notre public. Ce n’est pas un public m’as-tu vu comme dans d’autres festivals de la région. Les gens font des ballades la journée et arrivent ensuite pour les concerts. Il y a une simplicité qui fait toute la qualité de ce rendez-vous.»

Musicalement, la programmation tend à un équilibre entre musique vocale et instrumentale avec des formations qui ne dépassent jamais 15 musiciens à cause du plateau de l’église. Le répertoire principal s’étend du XVIIe au XVIIIe siècle avec quelques incursions du côté de la musique médiévale et de la Renaissance. Pour cette nouvelle édition, les objectifs de Capucine Keller sont similaires à beaucoup d’autres manifestations: repartir de plus belle après la pandémie et retrouver le même engouement et la même ambiance que le cru 2019, après deux éditions perturbées par les mesures sanitaires.


La Folia, Rougemont, du 1er au 6 juin.