Michael Beltrami? Lorsqu'il fut avéré que ce nom serait celui du seul représentant suisse dans la compétition du Festival de Locarno (LT 11.08.2004), il avait fallu consulter les archives. A 42 ans, ce cinéaste tessinois, extrêmement discret, n'avait signé qu'un seul long métrage de fiction, Bella?, il y a vingt ans.

Son nouveau film, road movie à l'esprit années 70 et à la technique irréprochable, impressionne ceux qui entretiennent leur âme de petit garçon. Entre Paris Texas et Macadam Cowboy, sans les égaler mais en s'en montrant digne, Promised Land a été inspiré par un personnage réel: Dennis Woodruff, un acteur qui cherche vainement la gloire à Hollywood depuis une vingtaine d'années. Une célébrité locale.

Malheureusement pour lui, il n'a obtenu que des emplois de figurant dans plus de 200 films. Alors il se balade à L.A. dans une voiture couverte de photos de lui-même et de slogans. De ce pathétique incarné, dérivé évident de la société de la téléréalité et de la célébrité-minute, Beltrami ne tire pas une leçon pompeuse. Plutôt, à partir d'un idéal en bout de course, une rêverie stylisée.

Promised Land, de Michael Beltrami (Suisse, USA 2004), avec Chad Smith, Lalaine, Ruth Gerson.