genève

Rupture, le festival qui s’intéresse à la décolonisation des arts

Le TU-Théâtre de l’Usine et la librairie La Dispersion organisent conjointement tout au long du week-end la première édition du festival Rupture. Un rassemblement qui vise à déconstruire les stéréotypes coloniaux encore présents dans les arts

«Décolonisons les arts», «De quelle couleur est ta peau noire?» ou encore «L’art comme arme de guérison». Voici quelques-uns des thèmes qui seront abordés ce week-end dans le cadre du festival Rupture, sous-titré «Dissocier, transformer, (dé)construire les récits». Première de la sorte en Suisse romande ouverte au public, la manifestation place au centre de la réflexion l’émancipation des préjugés hérités de l’époque coloniale dans le milieu culturel.

Lectures interactives et ateliers d’écriture

Ce vendredi, c’est une discussion littéraire autour de l’ouvrage Décolonisons les arts! qui inaugure l’événement, en présence de deux de ses auteures, Pascale Obolo, cinéaste, artiste plasticienne et rédactrice en chef de la revue Afrikadaa, et Marine Bachelot Nguyen, autrice-metteuse en scène.

Dès samedi, la jeune autrice et militante afro-féministe Laura Nsafou viendra animer un atelier de lecture interactive et échanger autour de son livre Comme un million de papillons noirs, plaidoyer pour la diversité dans la littérature jeunesse. Cette dernière animera également un atelier d’écriture créative pour adultes en compagnie de l’artiste-performeuse Anna Tjé, cofondatrice de la revue littéraire Atayé. Elles y aborderont la représentation des corps et des personnages noirs dans l’espace littéraire.

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S’affranchir des récits «euro-centrés»

«Comment se réapproprier les moyens de narration monopolisés par une culture dominante euro-centrée»? C’est l’une des questions auxquelles tenteront de répondre les différents invités tout au long du week-end.

«On a souvent tendance à penser que l’univers culturel est très ouvert, mais il reproduit lui aussi certains stéréotypes racistes», commente Léa Genoud, membre d’un groupe de travail autour des perspectives décoloniales dans les milieux culturels en Suisse romande.

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Le collectif à l’origine de la manifestation Rupture est né au bout du lac cet été. Ses premiers échanges se sont notamment concentrés autour du livre Décolonisons les arts!, publié l’année passée par l’association française du même nom. Un ouvrage dans lequel Leïla Cukierman, Gerty Dambury et Françoise Vergès analysent, avec 15 artistes, la colonialité à l’œuvre dans le monde des arts et de la culture. Lancé en 2015 sous l’impulsion de plusieurs artistes français, le collectif milite depuis sa création pour une meilleure représentation des cultures minorées dans les milieux culturels en France, dans le théâtre, la danse, la télévision, le cinéma ou encore les arts plastiques.

«Malgré ce mythe de la Suisse sans colonies, ces sujets sont aussi très importants ici et il faut les ancrer de manière durable dans le débat», résume Léa Genoud.


Rupture: dissocier, transformer, (dé)construire les récits, du 4 au 6 octobre au Théâtre de l’Usine et à La Dispersion. Programme complet.

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