Voici un livre que cuistres et savants pourraient écarter d’un revers de main: on ne fait pas de bons livres de philosophie avec de bons sentiments. Mais cette marque de condescendance serait une erreur. La seule chose qui est vraie, c’est que ce livre, Humanité. Une histoire optimiste, du Néerlandais Rutger Bregman (né en 1988), n’est pas vraiment un livre de philosophie, plutôt un livre de psychologie, sous-tendu par une idée philosophique forte, mais qui semble désuète: l’homme est naturellement bon.

La théorie qui prévaut généralement sur cette question bateau est celle dite du vernis: culture et civilisation ne sont qu’une fine couche de vernis, vite brisée dès qu’une situation devient critique. Les hommes se comportent comme des bêtes si on les laisse faire. A peine une situation dérape-t-elle que l’homme redeviendrait un loup pour l’homme. Que de scénarios de film ou de roman n’ont-ils pas été imaginés à partir de la théorie du vernis?