Elle s’assied, élégante dans sa blouse en soie beige, à une table qu’elle connaît bien: elle y a souvent mené des interrogatoires, à la lumière crue des néons. Cette fois pourtant, la procureure genevoise se place de l’autre côté, celui des suspects. Après avoir ôté ses bijoux, Anne Dupraz répond aux questions sans tressaillir: «Reconnaissez-vous avoir tiré sur un homme à son domicile?» – «Oui.» – «Homme qui n’était pas armé?» – «Affirmatif.»