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Le directeur du Théâtre de Carouge Jean Liermier, à gauche, et Jean-Luc Courcoult, le fondateur de la compagnie nantaise Royal de Luxe.
© Salvatore Di Nolfi/Keystone

Spectacle de rue

La saga genevoise de Royal de Luxe dévoilée

L’artiste français Jean-Luc Courcoult a levé le voile sur la parade de ses géants à Genève, du 29 septembre au 1er octobre. Le spectacle est présenté comme «le plus grand événement culturel de l’année»

Le père des géants est un homme de cristal. Un albatros, aurait soufflé Baudelaire. Mardi, en fin de matinée, dans un grand hôtel genevois, une quarantaine de journalistes attendent l’apparition du fondateur de Royal de Luxe, cette compagnie qui depuis 1979 chamboule les foules à travers la planète.

L’artiste français doit arriver d’une minute à l’autre, il est dans l’ascenseur, explique François Passard, qui préside l’association «Pour la venue des Géants à Genève». A ses côtés, le président du Conseil d’Etat François Longchamp, le ministre municipal de la Culture Sami Kanaan et Jean Liermier, le directeur du Théâtre de Carouge, meublent.

Un air d’Ionesco au palace

Viendra-t-il? Sonnera-t-il? Au palace, c’est un peu La Cantatrice chauve d’Ionesco. Une farce métaphysique. L’événement est sérieux pourtant. Pour la première fois, la Suisse et Genève en particulier accueilleront deux titans de la tribu Royal de Luxe, la Grand-Mère géante et la Petite Géante. Escortées par quelque 80 Lilliputiens, ces marionnettes gigantesques paraderont à travers Carouge, Genève et Meyrin, du vendredi 30 septembre au dimanche 1er octobre.

Dans leur sillage, de 700 000 à un million de spectateurs sont attendus sur trois jours. La présence de ces figures promet de tout bouleverser: les voies des bus, les habitudes, les cœurs surtout, s’enflamme Jean Liermier qui porte ce projet depuis trois ans.

L’étoffe du carnaval

Mais Jean-Luc Courcoult débarque à l’instant. Dans son manteau jaune à motifs noirs, c’est un monarque de carnaval – l’esprit de Royal de Luxe en somme. Avec son chapeau et ses lunettes fumées, c’est une diva d’opéra. Il s’échappe d’E la Nave va, le film de Fellini, ce cinéaste qu’il vénère. «Bonsoir, bonjour, je ne sais pas trop où on va…» Il est à quai et il voudrait être ailleurs, grand corps lunaire.

On jurerait qu’il est mort de trac – un de ses proches le confirmera. François Longchamp enchaîne. Il parle de parenthèse poétique dans la vie des Genevois. Sami Kanaan souligne qu’au Havre et à Liverpool des études ont montré qu’un euro investi dans la présence de Royal de Luxe en rapportait sept.

Des géants lucratifs

Bonne affaire, donc? C’est ce qui se dit. Mais combien coûte La Saga des géants, version genevoise? Quelque 2,2 millions, répond François Passard qui avec son équipe a collecté les fonds nécessaires à l’opération. Derrière la table, Jean-Luc Courcoult n’écoute pas vraiment la valse des chiffres. Il attend l’instant du conte, celui où il pourra lever le voile sur son scénario.

On l’écoute. Une pluie de météorites dérègle les horloges genevoises; pis, elle arrête le temps; et voilà que de cette fracture temporelle surgissent la Grand-mère géante et la Petite Géante.

De leur itinéraire, on ne saura encore rien – il sera annoncé le 15 septembre. Jean-Luc Courcoult a intitulé sa fable genevoise «Le Chevalier du temps perdu». C’est tout lui.

Lire aussi: Jean-Luc Courcoult, la saga du maître des géants

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