Dans les mois qui précèdent la diffusion de l'affiche neuve de Paléo, on croise souvent Jacques Monnier dans les salles de concert. Le programmateur du Village du Monde traque la perle baroque, le filon ethnique ou le trésor exotique. Voilà cinq ans que le Festival a ouvert ses dépendances world, avec une option thématique forte qui a vu défiler les Africains, les Latins et les Tziganes. Cette année, le Village du Monde reçoit les Sahariens au sens large. Afrique du Nord, dont les prolongements nerveux s'étendent jusqu'aux terres noires et aux abords du Nil.

Magnifique sélection, sous cette tente globalisée. Il faudra se jeter, dès le premier soir, sur le concert de Rachid Taha dont le récent album de mémoire algérienne tient du parachèvement esthétique (24 juillet). Urbain aussi, le chant ensablé de la diva mauritanienne Malouma (le 25). Métropolitain encore, ce Daby Touré de Dakar et de Nouakchott, qui trafique dans la modernité des chansonniers africains (le 26). On ira rendre visite aussi aux Kabyles, le lendemain, qu'on pourrait imaginer comme les Gitans du Maghreb. Très à l'intérieur, et très profondément en marge, de la culture d'Algérie. Idir les mènera.

Mais c'est, juste avant une ultime nuit en pyramides avec Natacha Atlas et les Musiciens du Nil, la soirée touarègue qu'on vise. Avec trois formations de tempérament, dont deux originaires du Nord du Mali. Tartit et Tinariwen, dont les musiques de transe font les petits matins au nord de Tombouctou. Au moment même où la question nomade, dans ce pays long, paraît plus complexe que jamais. Quant à Toumast, originaire du Niger, il ferme cette case des voyageurs de grand air.