Un arrêté pris la semaine dernière en France par le Ministère de l'industrie autorise désormais les salles de cinéma, de théâtre et de concert à s'équiper en brouilleurs de téléphones mobiles. A l'exception des appels d'urgence, les portables seraient ainsi rendus inopérants grâce à une installation radioélectrique adéquate, dont le coût est estimé à 6000 euros (9000 francs). Le dispositif bannit ces sonneries intempestives qui se révèlent souvent gênantes pour les spectateurs, les musiciens ou les comédiens. Ainsi que pour certains exploitants de salles jugeant que ces maudits cellulaires grevaient leurs recettes.

Inutile en Suisse romande

Une disposition équivalente n'existe pas en Suisse. Et, pour l'heure, les responsables romands de salles de spectacle n'y voient aucune utilité. Ils considèrent le public suffisamment discipliné et responsable pour éteindre son téléphone. Les cinémas Europlex par exem-ple, présents sur l'ensemble de l'Arc lémanique, ne jugent pas nécessaire de recourir à un tel système technique. S'ils en connaissent l'existence, «la majorité des spectateurs sont suffisamment disciplinés et courtois selon eux pour éteindre leur cellulaire durant les projections». La mise en place de dispositifs de brouillage dans ses salles ne constitue pas une priorité pour Europlex.

Spectateurs respectueux

Même son de cloche au Théâtre des Osses à Fribourg, où la technique est connue mais ne revêt pas une «priorité financière». «Le public est fair-play. Il vient par intérêt et curiosité et une annonce à voix haute avant la représentation suffit à faire effet.» La pratique est en vigueur dans la majorité des théâtres helvétiques.

Au Grand Théâtre de Genève, on dit aussi privilégier «l'annonce d'avant spectacle». Selon l'institution, «aucun opéra en Suisse et en France n'utilise ces brouilleurs».

A la Fondation Gianadda, à Martigny, qui abrite à la fois des expositions et des concerts de musique classique, l'installation de brouilleurs n'est pas pertinente: «Les gens sont respectueux et éteignent leurs portables.»

Réclamé à corps et à cri en France par les exploitants de salles de cinéma et spectacle, l'autorisation de pouvoir installer des brouilleurs pour améliorer le confort des spectateurs ne suscite aucun engouement en Suisse romande.