Après l’attaque subie par Salman Rushdie le 12 août dernier, au début d’une conférence qu’il donnait dans l’Etat de New York, peu d’informations sur l’état de l’écrivain ont filtré. Dans une interview donnée au quotidien espagnol El Pais, Andrew Wylie, son agent, révèle que l’auteur a perdu un œil et l’usage d’une main.

Agé de 75 ans, Salman Rushdie est menacé de mort depuis les années 80. L’auteur est visé par une fatwa réclamant sa mort émise par l’ayatollah Khomeiny suite à la publication de son roman Les versets sataniques en 1988. Depuis, l’écrivain vit sous protection, mais au fil des années celle-ci s’est relâchée. Il a été poignardé une dizaine de fois au cou et à l’abdomen sur scène, alors qu’il s’apprêtait à donner une conférence sur la liberté artistique.

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«[Ses blessures] étaient profondes, mais il a [également] perdu la vue d’un œil. Il avait trois blessures graves au cou. Une de ses mains est frappée d’incapacité parce que les nerfs de son bras ont été sectionnés. Et il a environ quinze autres blessures à la poitrine et au torse. Donc, c’était une attaque brutale», détaille Andrew Wylie, tout en refusant d’indiquer si l’auteur était toujours hospitalisé.

Une menace solitaire

L’agent et l’auteur avaient déjà évoqué la possibilité d’une telle attaque. «Une attaque est probablement une chose dont Salman et moi avons discuté par le passé, à savoir que le principal danger auquel il est confronté tant d’années après l’imposition de la fatwa est celui d’une personne sortie de nulle part qui l’attaque. Vous ne pouvez donc pas vous protéger contre cela, car c’est totalement inattendu et illogique. C’est comme le meurtre de John Lennon», précise Andrew Wylie.

Hadi Matar, le jeune américain âgé de 24 ans qui s’en est pris à Salman Rushdie, a assuré avoir agi seul et ne pas avoir été en contact avec les Gardiens de la révolution iraniens. Il affirme avoir appris la tenue d’une conférence de Salman Rushdie dans un centre culturel à Chautauqua, dans le nord-ouest de l’Etat de New York, par Twitter. Le 18 août il a plaidé non-coupable des accusations de tentative de meurtre et d’agression et a été incarcéré.

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Quelques jours avant son agression, Salman Rushdie estimait auprès du magazine allemand Stern, avoir retrouvé une vie normale: «Une fatwa est une chose sérieuse. Heureusement, nous n’avions pas Internet à l’époque. Les Iraniens devaient envoyer la fatwa aux mosquées par fax. Tout ça, c’était il y a longtemps. Aujourd’hui, ma vie est redevenue très normale.»