JAZZ. Le jour où l'on rendra justice à Sam Rivers et à ses inattendues aventures extra-territoriales, le jazz aura gagné en dignité. Le voilà (on parle toujours au présent de ce trublion, s'agît-il d'une réédition de 1978) qui imagine des levers de rideau sur des mondes mouvants à la Dali, où ses saxophones tantôt se liquéfient en montres molles, tantôt se dressent en Don Quichotte à la fierté anguleuse. Le tuba furibond de Joe Daley et la basse arachnéenne de Dave Holland opposent aux jets de sons spontanés du maestro une tessiture fibreuse du plus stimulant contraste.