Sam Stourdzé, un quinquennat à l’Elysée

Photographie Le directeur du musée lausannois quitte ce soir ses fonctions

Bilan en images

Sam Stourdzé vit aujourd’hui sa dernière journée de directeur du Musée de l’Elysée. Ensuite, il s’en ira prendre soin des Rencontres photographiques d’Arles, sans assurer l’intérim lausannois qu’il était pourtant prêt à assumer. Dès lundi donc – et sauf surprise de dernière heure – il n’y a officiellement plus personne à la tête de la vénérable institution. La rumeur court, mais les faits tardent.

En un presque quinquennat à la tête de l’Elysée, le Français, lui, aura donné dans le concret. La Nuit des images a été relancée, rendez-vous annuel des amateurs de photographie festive et inventive. Le musée s’est garni d’un café, d’une revue consacrée aux images vernaculaires, d’un prix généreusement doté. La numérisation de sa bibliothèque est en cours et le budget annuel est passé de 3 à 5 millions. Surtout, la collection a été enrichie de multiples dons et dépôts – Burri, Caron, Chaplin…

La programmation, elle, a oscillé entre des expositions très grand public et d’autres plus pointues et déroutantes, jouant souvent sur les trois étages pour proposer tout cela à la fois. Le paradis perdu de Sebastiao Salgado a accueilli quelque 60 000 visiteurs et usé les moquettes de l’Elysée. Les photographies de Saul Leiter ou Roger Ballen ont ému dans les marges. Quant aux images de pièces détachées de voitures collectionnées par Luciano Rigolini, elles ont participé de cette nouvelle approche de la photographie, chère à Sam Stourdzé, considérant qu’un cliché glané sur eBay ou Google Street View mérite autant d’attention qu’un portrait de Diane Arbus. Il y en a eu, sans doute, pour tous les goûts.

Quelques couacs sont à mentionner encore dans ce parcours mené au pas de charge par l’ancien pensionnaire de la Villa Médicis. Une accusation de conflit d’intérêts au début de son mandat et l’interruption du Lacoste Elysée Prize suite à la tentative de censure d’une artiste palestinienne par le sponsor.

En quelques images, le bientôt ex-directeur tire lui-même le bilan de son passage à Lausanne.