Samedi, la TV des séries. Andy, dis-moi oui

Samedi, la TV des séries

«Andy était un grand flic, maintenant c'est un ivrogne invétéré. Je vais le retirer de la rue.» C'est ainsi que ton chef parlait de toi, Andy Sipowicz, dans le premier épisode de NYPD Blue. Ces temps, France 3 diffuse les derniers instants de cette série policière (le lundi soir), et ton triomphe est total.

Lancée en 1993, NYPD Blue bousculait le registre policier. Vies privées parfois dévastées des inspecteurs, violence, nudité, sujets sociaux sensibles: le feuilleton fut censuré dans certains Etats américains et provoqua un débat vigoureux. En plus, NYPD Blue, tournée à New York, lançait une manière de filmer tremblante et dans l'urgence qui fit école.

Tu étais là dès le début, Andy. Tes créateurs, David Milch et Steve Bochco, défiaient les spectateurs en t'imposant. Violent, alcoolique, raciste, homophobe, chauve et gros: admets que tu n'avais pas beaucoup d'arguments en ta faveur. Comme pour rééquilibrer la donne, on a affublé ton comédien, Dennis Franz, d'une longue liste de bellâtres charismatiques. A commencer par David Caruso, qui, depuis, a recyclé son flegme dans Les Experts Miami.

Douze années plus tard, tu restes là, dans ton commissariat poussiéreux. Indéboulonnable, après 262 épisodes diffusés dans la même case horaire sur le réseau américain ABC, une constance unique. Tu as été marié, as perdu ton premier fils, puis ta femme. Tu as eu un cancer, tu as redressé la tête puis replongé. Avec tes partenaires intérimaires, tu as traversé les drogues, les tueries, les crapules de la finance, les haines ethniques, les ripoux, les conséquences de la première guerre du Golfe, le 11 septembre 2001, la guerre en Irak…

De toi, Le Devoir de Montréal a dit: «Sipowicz aura traversé la série comme un chemin de croix, parsemé d'épreuves terribles dont il se relevait ébranlé, meurtri, marqué, mais toujours un peu plus humain.» Toujours ignoble, juste à ta manière, parfaitement antihéros. Vrai, tu nous manqueras, Andy.

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