Le conseil administratif de la Ville de Genève renonce à sanctionner l'employé qui facturait des achats à sa propre entreprise au Grand Théâtre. La nouvelle est tombée hier par le biais d'un communiqué de la Ville, dans un contexte que l'on sait tendu depuis que les démissionnaires Bruno de Preux et Robert Roth, président et vice-président du Grand Théâtre ont annoncé leur démission pour divergences de vues avec Patrice Mugny, chef de la Culture (lire LT du 28.02.2007). Depuis, l'industriel André Hoffmann, autre membre du Conseil de fondation, a lui aussi présenté sa démission.

L'employé s'en sort indemne, alors même qu'il a agi de manière incorrecte. Ce fonctionnaire avait conservé son entreprise d'électricité, lui qui travaillait à 100% au Grand Théâtre. Le conseil administratif - suite à une intervention du bureau - a dès lors ordonné une enquête administrative. Délit mineur. Selon des sources informées, l'employé aurait touché en tout et pour tout une commission de 900 francs sur dix-huit mois, et le Grand Théâtre aurait fait 3000 francs d'économies en bénéficiant de ristournes. Le conseil administratif, «considérant que l'employé était de bonne foi», a décidé de renoncer à le sanctionner.

L'affaire, qui a défrayé la chronique dans la presse dominicale (certains ont parlé de «malversations») n'a fait qu'envenimer le débat autour de la «crise du personnel». La question reste entière: Jean-Marie Blanchard et l'équipe dirigeante du Grand Théâtre étaient-ils informés des pratiques de leur employé? «Il apparaît que la direction de l'institution était parfaitement au courant, dès l'engagement de ce collaborateur, de cette situation», stipule le communiqué. Et d'enjoindre à la direction de prendre des mesures pour «mettre fin à une situation qui contrevient aux statuts de la fonction publique de la Ville de Genève».

Quand le rapport a-t-il été rendu à la Ville? Pourquoi ce communiqué le lendemain des déclarations des démissionnaires? A moins d'une pure coïncidence, ce message de l'autorité de surveillance apparaît comme une mise en garde.