Sur son site, un magasin de bricolage et de loisirs propose des plaques de tôle ondulée en PVC, 80% de translucidité, faible poids à vide, idéalement adaptées comme toit ou mur, à 44,90 francs. Elles sont disposées à la verticale au fond de la scène du Romandie, à Lausanne, elles servent autant de réflecteurs que de fresques industrielles. C’est la scénographe Lara Défayes qui en a eu l’idée; elles répondent à la pochette du premier album de Sandor, où la chanteuse pose en amazone sur un vieux canapé de cuir du club No Name, dans les entrailles de la place Chauderon. Là encore, les bandes lumineuses ne réchauffent plus.

Sandor vient vous chercher en Virginie, son nom de baptême: pull ample, baskets blanches, timidité écrasante. Elle est depuis trois jours en résidence au Romandie, pour préparer son spectacle, les lumières en particulier qui structurent le récit pop. A côté d’elle, son double à casquette, Jérémie Duciel, qui coud pour les chansons de Sandor des costumes digitaux, des batteries impavides, des synthétiseurs volés aux nuits de sa propre enfance. De l’autre côté de la scène, Antoine Guenot caresse alternativement sa machine et sa basse électrique.