«Regarder «Downton Abbey» avec ses soucis de riches»

La série Downton Abbey et les films catastrophe américains. Tels sont les plaisirs culturels coupables de Sandrine Kuster, directrice de l’Arsenic à Lausanne. Autant dire une paille au royaume des horreurs que la production artistique a pu et peut engendrer. Et pourtant, la femme de théâtre est tout sauf snob. Mais, explique-t-elle, elle consacre beaucoup de temps à son travail qui inclut la recherche de nouvelles signatures scéniques, d’où une prospection soutenue sur tous les plateaux romands.

Regarder Downton Abbey est un plaisir un peu honteux pour Sandrine Kuster, car ce feuilleton est «limite niais, bourré de clichés, avec des soucis de riches». C’est, selon la directrice, une caricature qui joue sur notre goût du pervers et notre soif de suspense, et qui manque totalement de sous-texte. Par contre, les comédiens sont formidables. Sera-t-elle heureuse d’apprendre que George Clooney s’invite dans la saison six?

Quant aux films catastrophe, Sandrine Kuster ne va jamais les voir en salle, mais ne peut plus décrocher si elle tombe par hasard sur ce programme à la télé. Elle va alors chercher de quoi boire et manger – plutôt gras ou sucré et alcoolisé, la totale! – et suit le blockbuster jusqu’au bout tout en sachant que «c’est de la pure propagande américaine».

A propos de divertissement de masse, la programmatrice déclare encore sa flamme pour toutes les finales de sport, de Roland-Garros au Mondial. «Je m’excite devant mon poste, je commente, je crie. C’est un moment sans retenue. Quand c’est le tennis et que Federer est en jeu, j’échange aussi des SMS avec Denis Maillefer, fan inconditionnel de Roger. Face à ces compétitions, je suis hyper-primaire.»

Sinon, Sandrine Kuster avoue une addiction, plus louable que coupable: Le petit journal, de Yann Barthès. «Même quand je rentre très tard le soir et épuisée, je le regarde sur le net. J’aime son retour sur l’info et son discours sur les médias. C’est fin, provocateur et jamais moralisateur.»

«Enfin, conclut la directrice de l’Arsenic, j’ai aimé La Vérité sur l’affaire Harry Quebert , de Joël Dicker. Certains disent que c’est de la daube, mais je suis très bon public pour les «page turner». Du coup, j’ai lu son premier livre, Les Derniers Jours de nos pères , mais j’ai été nettement moins captivée. On verra si je craque pour le prochain!»