La fraise à neige gît sous l’auvent. Une petite machine, assez piteuse, qui lui sert par mauvais temps à pouvoir sortir. «C’est le meilleur investissement de ma vie, je l’échangerais volontiers contre mon violoncelle!» Elle rit surtout avec les yeux, plissés en ourlet, veut encore vous montrer son four à raclette artisanal, sa seconde fierté, mais se souvient qu’elle doit répéter pour les deux concerts qu’elle donne dans la journée. Alors on quitte ce chalet de bois clair, cette boîte à bijou ascensionnelle, qui embrasse tout: le Muveran, les Dents-du-Midi, un bout du massif du Mont-Blanc, la plaine qui rumine en contrebas, tout jusqu’à l’horizon et au-delà. De cette maison qui est un balcon.