Qui a vu Arcade Fire en concert se souvient de Sarah Neufeld. Sa place d’ordinaire: à gauche de la scène. L’attitude est punk, le violon brandi comme une arme de poing. Qu’elle tire sur son archet, giflant l’air comme une lame le velours, la Canadienne insuffle au prog rock des Montréalais ce son savant, identifiable entre tous. A 40 ans, elle publie un album en solitaire, tandis que son Bell Orchestre cofondé avec d’autres membres d’Arcade Fire défend House Music, disque épatant. Installée à New York où elle dirige un club de yoga, notamment, elle a un agenda qui déborde. Ses nuits sont brèves. Quand on lui parle, sa fille fête sa quatrième semaine.

«Faire de la musique en solo, explique Sarah Neufeld, t-shirt blanc froissé, mine délavée et français parfait, c’est un besoin fondamental pour moi. Mon approche y est très différente des autres projets où je m’implique. A commencer par Arcade Fire qui demeure un groupe assez classique dans son organisation avec ses songwriters d’un côté et sa dynamique collective de l’autre. Ainsi, comme la créativité brute m’est nécessaire, je vais la chercher dans des pas de côté.»