Photographie

Sarah Waiswa, prix Découverte des Rencontres d’Arles

L’Ougandaise établie au Kenya l’emporte avec le très beau portrait d’une femme africaine albinos, un travail plus plasticien que documentaire

Elle déambule entre les cabanes, cheveux violets et robe blanche, peau diaphane. Elle a de l’allure et de l’extravagance. On pourrait la croire princesse dérisoire d’un bidonville, elle est albinos. La photographe ougandaise Sarah Waiswa la met en scène de manière sensible et poétique aux Rencontres d’Arles. Un travail original, à la fois documentaire et plasticien, qui lui a valu le Prix Découverte samedi soir, doté de 25000 euros et soutenu par la Fondation Luma.

L’exposition fonctionne par diptyques. Chaque portrait, il y en a une dizaine, semble raconter un certain affranchissement. Chaque objet ou presque s’y rattachant, dit plutôt la contrainte; fausses mèches violettes, filet, lettre mouillée de larmes, miroir brisé… «La série dénonce la persécution des albinos en Afrique subsaharienne. Elle témoigne du quotidien d’une albinos confrontée aux dangers liés aux rayons du soleil et à la société. Elle montre également comment son sentiment de non-appartenance l’a plongée dans un état second», note l’artiste. Ce travail a été proposé par Aida Muluneh, photographe et fondatrice du Addis Foto Fest à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Sarah Waiswa concourait au côté de neuf autres jeunes photographes (la parité a été instaurée l’année dernière), dont le Suisse Beni Bischof, présenté par Stefano Stoll, directeur du festival Images. Elle a été élue par le public professionnel de cette première semaine des Rencontres d’Arles.

 
Sarah Waiswa: Étrangère en terre familière, jusqu’au 25 septembre à la Grande Halle, Rencontres photographiques d’Arles.

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