Est-ce cela qui a permis au Parti socialiste de résister dans les urnes dimanche? Depuis vendredi, François Hollande s’affiche en une du tout nouveau magazine français Society. Ou comment se donner un coup de jeune, après le coup de vieux rassembleur du mois de janvier. L’homme se tient debout, légèrement de profil, le visage face au lecteur mais le regard de biais. Détouré sur fond jaune canari et entouré de titres au graphisme résolument pop. Sa «grande confession» partage le sommaire avec un papier sur les fans de Game of Thrones, un sujet sur le Macumba qui s’apprête à fermer ses portes ou encore un portrait de Fat White Family, «le groupe le plus scandaleux du moment».

A l’intérieur, onze pages tout ce qu’il y a de plus sérieux, une interview-fleuve qui aborde la fonction présidentielle, les attentats contre Charlie Hebdo, la Russie de Vladimir Poutine ou les désillusions de la population française. Outre un ton un peu familier, seules les images et leurs légendes dénotent les velléités badines du magazine. En lunettes de soleil blanches et blouse protectrice, alors qu’il visite sans doute une usine ou un laboratoire, le chef de l’Etat est présenté comme un fan de Polnareff. Dans une séquence évoquant quelques moments de son mandat: «En près de 3 ans, François Hollande a connu la victoire, les bisous, la farine, le goudron et les plumes.»

Joli coup en tout cas pour ce «quinzomadaire en liberté» lancé au début du mois par l’équipe de So Foot et tiré à 200 000 exemplaires. En trois ans, le président socialiste n’a donné que trois interviews à la presse nationale: deux fois Le Monde, et plus récemment Le Parisien. Nicolas Sarkozy, lui, était plutôt Paris Match. Society cible les 25-45 ans. Reste Girls, pour séduire les électrices qui auront 18 ans en 2017. Ou Chasse&Pêche, pour les citoyens plus conservateurs.