Savièse, «le Barbizon de la terre helvétique» selon Maurice Zermatten, fut le lieu d'élection, et de travail, d'un groupe de peintres qu'y appela à la fin du siècle dernier le Vaudois Ernest Biéler, lui-même envoyé à Savièse par son aîné Raphaël Ritz. Il y découvrit «une lumière extraordinaire, déjà orientale… des physionomies très marquées… les costumes». Et il y peignit le «manifeste» de l'Ecole de Savièse, Pendant la messe à Saint-Germain (exposé cet été à Lausanne). Avant la Première Guerre, on compta jusqu'à cinq peintres simultanément établis à Savièse…

Si aucun style moderniste ne se dégage parmi les membres de la corporation, une technique «primitive» y est réhabilitée, la tempera, un goût pour la peinture de plein air, pour la figure et pour le folklore trouve le cadre idéal, un paysage s'impose, avec ses collines, ses ormes et ses noisetiers, ses vaches et ses moutons; nulle mièvrerie, mais l'adaptation aux sujets locaux d'un métier appris la plupart du temps à Genève auprès de Barthélemy Menn puis à Paris à l'heure de l'impressionnisme. Des noms: Biéler, Otto Vautier, Marguerite Burnat-Provins, Edouard Vallet, Benjamin Vautier le fils d'Otto, Albert Chavaz. Sans oublier le Sédunois Raphy Dallèves, même si son inspiration fut moins saviésanne qu'hérémensarde et évolénarde.

L. C.