Qualifié de delightful horror («délicieuse terreur») par le philosophe Edmund Burke, le sublime, qui peut aussi bien caractériser la nature qu’une œuvre d’art, provoque un sentiment esthétique dans lequel plaisir et déplaisir se mêlent. Face à un paysage grandiose – une cascade gigantesque, des cimes inatteignables, une violente tempête – naît la crainte d’un danger qui, même éloigné, laisse en nous une empreinte. Quand la douceur du beau procure l’apaisement, la grandeur du sublime nous plonge, elle, dans un état ambigu oscillant entre respect, admiration et effroi.