Même si cela ne provient pas d'une volonté affirmée des programmateurs, cela saute aux yeux en feuilletant la programmation. Toute une série de propositions ont affaire avec les sciences. Ici autant qu'à la Nuit de la science genevoise (lire page 11), les regards se croisent, s'enrichissent, se complètent sur les mêmes matières: l'homme et la nature. A commencer par le clin d'œil lancé par l'équipe responsable de l'habillage du festival, qui a décliné sur affiches et programmes un singe vert et un lapin aux yeux rouges évocateurs de quelque mystérieuse manipulation. Trois autres exemples.

La soirée des Young Gods est emblématique de ces problématiques croisées avec, en plus de leur propre prestation, le spectacle-performance de Yann Marussich. Le danseur genevois continue son travail sur l'immobilité, tel qu'on avait pu l'apprécier avec Bleu provisoire. Cette fois, l'essentiel du propos est d'évoquer l'approche de la mort, le moment ultime de la vie. Pour ce faire, Yan Marussich s'allonge dans un vivarium avec une colonie de fourmis. (Autoportrait dans une fourmilière, ma 8 juillet de 19 h à 23 h).

Dès ce week-end, les performances organisées par le Belge Kris Verdonck, qui enferme ses acteurs dans des aquariums ou des poches de plastiques, si elles sont riches de mille références cinématographiques et théâtrales, évoquent aussi des laboratoires, des clonages… (Sa 5 et di 6 à 20 h).

Skin Marker est une intervention du groupe ag significans, du lundi 7 au samedi 12 juillet, un bus, du type de ceux qui récoltent le sang de village en village, parcourra Fribourg et la région pour inviter les gens à faire don de la couleur de leur peau. Les visiteurs devront chercher leur teinte, aidés par une laborantine. Leurs dialogues sont enregistrés et retransmis sur Radio Fribourg. Les teintes, reproduites sur de petits panneaux de bois, seront exposées. Une intéressante approche de la problématique biologique et anthropologique «Tous parents, tous différents».