Le hautbois solo de l'OSR apprécie la fraternité des orchestres allemands

«C'est vrai qu'il s'agit d'un véritable don de soi. Mais la qualité en dépend!» Cela fait dix-neuf ans que Roland Perrenoud est en poste à Genève. Cet ancien élève de Heinz Holliger connaît bien les conditions de travail dans les formations germaniques: dans les années 1980, il a fait partie du Radio-Symphonie-Orchester-Berlin, sous Riccardo Chaillly. La période probatoire lui a laissé des souvenirs pénibles. «Ils testent vos limites, non seulement musicales, mais aussi nerveuses, votre force de caractère et votre résistance.» En contrepartie, la fraternité est d'autant plus forte, tout comme l'identification à l'orchestre. Des caractéristiques que l'on trouve moins hors des mondes allemands et anglo-saxons. «Les Latins sont par nature plus individualistes.»

Cette force du clan a particulièrement touché Roland Perrenoud lors de la projection de Trip to Asia. «Les musiciens font tous référence à une enfance difficile. Il y a quelque chose de très touchant dans cette réconciliation que permet l'orchestre avec soi et avec le groupe.» Quant à la pression, Roland Perrenoud estime qu'elle «est la même partout». Une pression engendrée en majeure partie par le regard des collègues et du chef, sans parler des micros et du public. «Cette tension m'est parfois pénible. Mais elle donne aussi un sens à ma vie, à travers le plaisir que me procure la scène.»