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Andy Cartwright diffuse la poésie comme un murmure qui se réverbère.
© Valerie Tortolero

Concert

Seabuckthorn, une guitare à 1000 cordes

Le guitariste anglais enchante par ses diversions discrètes. Il joue ce dimanche au Festival Baz'Art de Genève

Il n'est pas si fréquent de croiser un guitariste qui jette autant de ponts entre les mondes: Andy Cartwright en est un. Il joue sous le nom de Seabuckthorn – le mot anglais pour l'argousier. On n'y verra pas de rapport, sauf peut-être à considérer les vertus cicatrisantes que la pharmacopée prête aux baies de cet arbuste comme une image de rapprochement – entre les chairs, entre les airs.

Que trouve-t-on chez lui? Un large éventail des gestes que l'on peut appliquer à la guitare, du fingerpicking au jeu à l'archet et à l'usage raisonné des pédales d'effet ou, pour passer de l'instrument à sa captation, à l'enregistrement en passes multiples. C'est cette diversité d'approches qui constitue la matrice permettant à Seabuckthorn de réunir sous une même identité une multiplicité d'évocations possibles.

Revisitations

On peut à ce titre écouter son dernier album, A House With Too Much Fire (Bookmaker Records / La Cordillère, 2018). D'un morceau à l'autre, on égrène sans heurts les propositions, quelques fois soutenues par des percussions discrètes, minimales: revisitations hantées du folk des Appalaches, drones délavés et délicats, miniatures expérimentales, psychédélisme boisé, crissements harmonisés, jusqu'à de très étranges moments qui ne semblent annoncer l'entame du «The End» des Doors que pour mieux faire tournoyer et muter le motif ensuite.

Mais ce qui caractérise peut-être le mieux le jeu de Seabuckthorn, c'est une certaine retenue. Avec son doigté et son ouverture aux inspirations les plus diverses, il pourrait succomber à la tentation de la virtuosité et de l'exercice de style – autant dire deux expressions du vide. Il n'en est rien ici: Andy Cartwright diffuse la poésie comme un murmure qui se réverbère. Rien ne hurle ici, rien ne se montre directement, mais c'est plutôt un discours qui enfle avec méthode, et qui propose une écoute patiente – le pathos, mais avec la classe.


Seabuckthorn. Dans le cadre du Festival Baz'Art. Madone Bar, rue Lissignol, Genève. Di 17 à 15h.

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