Joël Aguet a le sourire. Le président du conseil de la Fondation Johnny Aubert-Tournier est ravi de ressusciter les Maisons Mainou. Une résidence d'artistes genevoise fondée en 1998 par la propriétaire des lieux, Germaine Tournier, aujourd'hui décédée, et l'homme de théâtre Gérald Chevrolet. Pourquoi renaissance? Parce qu'en 2004, ce soutien à l'écriture théâtrale et musicale - qui a notamment profité à l'auteur Yves Laplace ou au compositeur Xavier Dayer - a été interrompu suite à un conflit entre la fondation et la commune de Vandœuvres, lieu d'implantation des Maisons.

Ce conflit a entraîné la suppression des subventions communales, municipales et cantonales. Aujourd'hui, le financement public n'est toujours pas réintroduit, mais la location de la plus grande des deux maisons devra permettre de relancer les opérations. Avec, à leur tête, un nouveau directeur: Philippe Lüscher, auteur, metteur en scène genevois.

Enthousiasme payant

«Le conseil de fondation est venu me chercher, et, vu l'enthousiasme, j'ai pensé que l'aventure méritait d'être tentée», raconte l'intéressé. L'enthousiasme, oui, est une donne essentielle dans cette entreprise, car tout est encore à faire. Première étape: trouver un locataire pour la plus grande des maisons, une demeure de quinze pièces rénovée dans l'esprit des lieux et entourée d'une magnifique propriété. Prix de la location: «Au moins 15000 francs mensuels, mais certainement plus», répond Joël Aguet, président du conseil de fondation. «Deux, trois personnes sont déjà sur les rangs.» Avec cette rentrée d'argent et des subventions demandées au projet, Philippe Lüscher, engagé à 30%, organisera son soutien à l'écriture. Hors les murs puisque la seconde maison, censée accueillir les artistes en résidence, ne sera libérée qu'en septembre 2009 de ses actuels locataires.

Au programme de cette année nomade, des séminaires et des stages dans différents lieux genevois. Avec, comme mentors envisagés, «Joël Pommerat, Olivier Py ou Joël Jouanneau, des auteurs qui savent qu'aujourd'hui un texte doit compter avec un univers visuel et sonore fort», répond Philippe Lüscher.

Et des résidences d'été. «Au Château de Lavigny ou à la Pitrerie, aux Mayens-de-Sion, des lieux idéaux pour l'écriture.» Pour quels candidats? «Je dois encore définir les critères de sélection. Mais un mélange d'artistes suisses et étrangers me paraît très stimulant», conclut le nouveau directeur, au seuil de ses fonctions.