Classique

Séisme mahlérien sur l’OSR

Le concert des 10 ans de la Société Gustav Mahler de Genève, placé sous la direction de Jonathan Nott, a dépassé les attentes malgré le poids d’un programme chargé

Est-ce sa récente fréquentation du Ring wagnérien qui porte si haut l’OSR dans Mahler? Ou cette excitation affolée qui saisit Jonathan Nott dès les premières mesures de la partition? Peut-être la démesure de la 6e Symphonie, la si noire et tourmentée «Tragique»? Ou encore la perspective de la tournée asiatique qui verra les œuvres de ce programme présentées en Chine et au Japon? Tout à la fois, sans doute. Mais il y a un plus: l’alchimie qui réenchante parfois la communion entre interprètes, compositeur et public.

Jeudi soir, c’est un séisme qui s’abat sur la scène du Victoria Hall. Mahler balaie tout sur son passage. Soutenue par la société genevoise qui porte son nom, l’œuvre terrible galvanise une salle comble. Ce concert brûlant aurait tout aussi bien pu ne proposer que la seconde partie du programme, tant la domination de la phénoménale symphonie sur le Concerto pour violon de Mendelssohn introductif est puissante.