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Le festival Mapping témoigne de la vitalité des arts numériques à Genève. 
© DR

Enquête

Selon une étude, la culture génère 4,5 milliards de francs à Genève

Le cinéma, la joaillerie, le design, les arts vivants... représentent 9,5% du produit intérieur brut genevois. L’économie créative et culturelle rapporte bien plus que l’horlogerie ou la construction

Le bonheur des chiffres d’abord. L’économie créative et culturelle, ce secteur élastique qui comprend aussi bien l’édition que le cinéma, les arts vivants que la joaillerie, la musique que la presse, génère à Genève 4,5 milliards de valeur ajoutée, soit 9,5% du produit intérieur brut cantonal. Ça ne vous impressionne pas?

Affinons alors. Les collectivités publiques, Ville, communes et canton, investissent environ 400 millions par an dans la culture. Un franc dépensé générerait ainsi 10 francs. C’est un ordre de grandeur, d’accord, et il faut le prendre avec des pincettes. L’économie créative et culturelle concerne aussi des domaines d’activité qui sont tout sauf subventionnés. Mais quand même…

Une enquête pionnière

Commandée par la Ville et le canton, menée par le professeur José Ramirez et sa collègue Joelle Latina de la Haute Ecole de gestion, cette étude frappe comme les balles de Stan Wawrinka à Roland-Garros. Sur la terre battue de la vie culturelle genevoise, Sami Kanaan et Anne Emery-Torracinta avaient des raisons de se réjouir vendredi. Le conseiller administratif responsable de la Culture pour la Ville et la conseillère d’Etat chargée de l’Instruction publique se sont pourtant gardés de céder au triomphalisme.

Face à la presse, José Ramirez, lui, a explicité les contours d’une enquête inédite en Suisse romande – Zurich et Bâle sont pionniers dans le domaine, comme le rappelait Sami Kanaan. Il a défini les trois cercles de sa radioscopie: le cœur d’une activité, l’enregistrement d’une chanson par exemple; la commercialisation et la diffusion; le troisième cercle, lui, englobe la préservation, l’administration et la formation.

Des chiffres qui tombent à pic

Cet ensemble représente 27 886 emplois (dont beaucoup à temps partiel), soit 7,6% du nombre total d’emplois. Selon ce critère, ce secteur se positionne ainsi juste derrière la finance et les assurances, mais devant la construction et le commerce de détail. Avec ses 4,5 milliards de valeur ajoutée, il figure aussi en deuxième position derrière la finance et les assurances (6,8 milliards de valeur ajoutée), mais largement devant l’horlogerie, la construction et l’industrie chimique.

De tels chiffres tombent à pic. Dans un contexte où les parlementaires rechignent à la dépense, ces conclusions peuvent être des arguments de poids. Anne Emery-Torracinta a rappelé sa volonté de soutenir le livre, tant au niveau de la diffusion que de la formation – avec le lancement cet automne d’une filière pour la bande dessinée.

«La culture bonne pour la santé»

Quant à Sami Kanaan, il a insisté sur les retombées du soutien à la création, notamment dans le domaine des arts numériques: «Si des start-up genevoises cartonnent, c’est aussi parce que nous subventionnons des festivals comme Mapping ou Tous Ecrans…»

De là à conclure qu’il faut privilégier les artistes rentables, il y a un pas que les deux magistrats socialistes n’entendent pas franchir. «D’après plusieurs études, la culture contribue à la santé physique et psychique de ses usagers», ponctuait José Ramirez. Certitude: ce rapport fait du bien aux ministres de la Culture.

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