Le trait est d’une délicatesse de dentelle, parfois relevé d’une touche d’aquarelle vaporeuse. La matière de ces dessins semble puisée à même les nuages qui passent, les merveilleux nuages. On y voit des nuées d’enfants turbulents, de grands envols de feuilles mortes, la sévère verticalité des villes, de vastes ondulations végétales, de tout petits bourgeois qui se rêvent en grands fauves, de vastes boulevards que la pluie détrempe, des avenues new-yorkaises profondes comme des canyons infestés de fourmis… C’est, reconnaissable entre tous, l’univers de Sempé.