Il n’y a rien, et c’est tout un monde. Un fond blanc, pas d’objets, pas de décor, à peine un vêtement. Juste elles et nous. Juste elles. Leur corps, leurs expressions, leur joie, leur ennui, leurs anxiétés peut-être? Avec son approche minimaliste du portrait, la photographe suisse Senta Simond donne à voir l’intimité féminine sous un jour nouveau. Au détour de cadrages en plan rapproché, un détail, un geste, se transforme en paysage confinant à l’abstraction. A la façon de Nouvelle Vision, courant photographique issu du Bauhaus, l’artiste adopte aussi des angles inédits qui dynamisent et fragmentent l’image. A la bravoure de l’exécution s’ajoute la sincérité des poses et des attitudes, de sorte qu’il se dégage de ces photos une puissante vérité. Sensuelles plutôt que sexuelles, compositions collaboratives plutôt que fresques voyeuristes, elles évoquent le mystère, la complexité et la vulnérabilité à être femme.