Outre l'exposition consacrée à Marcia Hafif, d'autres accrochages interrogent la pratique picturale à l'heure actuelle.

A travers différentes procédures de productions (broderie, tapisserie, carrosserie, posters décoratifs), Pascal Pinaud, par exemple, inventorie les nouveaux possibles de la peinture. Tandis que Julia Ventura fait dialoguer peintures et photographies. Celles-ci étant faites de très grands agrandissements de ses peintures – ce qui est difficile à déceler –; alors que ses peintures pointillistes sont constituées d'empreintes de doigts ou de tampons.

Cette problématique du recouvrement, Natacha Lesueur l'utilise pour ses sujets à métamorphoses; dissimulant l'incongru dans l'apparente convention de ses clichés. Comme dans ces sourires où des grains de maïs remplacent les dents. Comme dans ces photos de jambes, où les motifs décoratifs des bas sont façonnés à partir de découpes de fruits et légumes. Ce recours à la substitution, Stéphane Albert l'emploie pour reproduire à la main des textes typographiques ou placer un faux mur devant un vrai mur.

Ces questions d'imitations qui échappent à leur propre objet, se retrouvent dans d'autres procédés. Tel le film d'animation de Pierre Huyghe, qui pilote un personnage virtuel conçu par d'autres et déjà utilisé par d'autres. Tel cet autre film d'animation, où Paul Nobel imagine des cités futuristes inspirées de gravures anciennes. Par contre, c'est à partir d'une stricte et objective réalité, celle de coiffures africaines, que le photographe nigérian J.D.' Okhai Ojeikere fait œuvre artistique.