Les Sept Divinités du bonheur compte parmi ces romans policiers que l’on se retient de lire trop vite tant l’atmosphère y est subtile, les rapports entre les êtres complexes, la réalité riche et mouvante. Qui a tué Aoyagi Takeaki? On l’apprendra bien sûr. Mais, comme toujours chez Keigo Higashino, la découverte du coupable s’avère relativement secondaire, et un peu triste. Chez ce grand maître du polar japonais, le chemin, la quête importent plus que la vérité, elle-même toujours réductrice. Une philosophie magnifiquement incarnée par le doux et taciturne inspecteur Kaga Kyoichiro. Il illuminait Le Nouveau, le précédent polar de l’écrivain. Il travaille ici en étroite collaboration avec son jeune cousin, et néanmoins supérieur, Matsumiya Shuhei, membre de la première division de la police judiciaire de Tokyo.