Il n’est pas anodin que Viola Ardone ait choisi comme narratrice de son roman une jeune fille de 15 ans, Oliva Denaro, dont le nom est l’anagramme du sien. C’est dire combien la thématique principale qui le traverse lui est chère: la condition féminine dans un village sicilien des années soixante. 1960: c’est le titre de la première partie du livre. Sans cette date et quelques repères temporels – la communiste Nilde Jotti au parlement, un film, quelques chansons –, le lecteur pourrait se croire plongé au XIXe siècle ou au début du XXe. Tant la société paraît figée. Tant le contrôle sur les femmes et leur corps est total.