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Le «dynamitero» (James Coburn).
© DR

Nanar à revoir (4/8)

Pour Sergio Leone, la révolution mexicaine est une grosse farce explosive

Chaque jeudi de l’été, «Le Temps» revient sur un navet qui a marqué l’histoire du 7e art. Comme «Il était une fois… la révolution», dont l'entame est infâme. Même Ennio Morricone est dans les choux

Juan Miranda (Rod Steiger) arraisonne une diligence pleine de bourgeois suintant le mépris de la plèbe. La señora, celle qui évoquait naguère l’odieuse promiscuité des gueux dans leurs gourbis, il l’emmène dans la grange et déballe son engin. Elle est troublée par le calibre de l’obscur objet de son désir, elle frémit, elle subodore la virilité tellurique du péon crasseux… Il n’y a pas de viol puisqu’elle succombe au charme du rustre, comme n’importe quelle femme de la haute. Elle est infâme, la première scène d’Il était une fois… la révolution (1970).

Juan tombe sur un motocycliste aux poches bourrées d’explosifs, John «Sean» Mallory (James Coburn), un indépendantiste irlandais venu se faire oublier au Mexique. Il l’enrôle pour braquer la banque de Mesa Verde, tandis que la révolution mexicaine embrase la région. Les deux hommes que tout oppose deviendront les meilleurs amis de la terre. L’Irlandais cultivé apprécie les analyses politiques de son comparse («Pancho Villa a des couilles comme ça», avec les mains mimant deux noix de coco) et quand celui-ci vitupère les intellectuels, le dynamiteur abjure Bakounine. Les massacres alternant nitroglycérine et mitrailleuse sont nombreux et denses, les morts toujours très beaux, très propres et sereins avec leurs yeux levés vers le ciel. Avec trois balles dans le dos, un compañero plaisante comme un vacancier sur son transat…

Après avoir touché au sublime avec Il était une fois dans l’Ouest, Sergio Leone se vautre dans une forme de goguenardise paresseuse, ponctuée de gags explosifs et dominée par la vulgarité. Le maître du western spaghetti perd le tempo: les scènes s’éternisent, les dialogues s’enlisent. Les personnages sont des caricatures. Pis que tout: les flash-back lelouchiens renvoyant au temps du bonheur. Ils montrent au ralenti Sean et son alter ego batifoler avec une fille. Ces Jules et Jim de la verte Erin exultent à s’en décrocher la mâchoire…

Quant à la musique… Ennio Morricone est lui aussi dans les choux. Reniant l’harmonica grinçant, il bricole une bande-son absurde, un peu de synthé cancanant, des sifflements oiseux, des chœurs évanescents, trois aboiements et, comble du ridicule, des «Sean Sean Sean» en tierces séraphiques évoquant davantage la musique d’ambiance d’un bordel de Macao que Viva Zapata!

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