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La série «Dark», un spectacle sonore

La série allemande de Netflix, angoissant suspense à base de voyage dans le temps et de centrales nucléaires, enveloppe son spectateur dans une puissante ambiance sonore. C’est l’un de ses atouts

Ceux qui finissent de découvrir Dark ces temps ont de quoi réfléchir. Parfaite en ces journées de grisaille, la première série allemande de Netflix offre du grain, nucléaire, à moudre. L’enquête initiale sur la disparition d’enfants dans la petite ville forestière de Winden s’enrichit, et se complexifie, avec les voyages dans le temps – d’abord 1986, puis 1953 –, les dimensions multiples et un foisonnement de personnages.

A propos de la série: Le labyrinthe forestier et nucléaire de Netflix

Au point que le feuilleton créé par Jantje Friese et Baran bo Odar peut déconcerter, voire perdre des adeptes en cours de route; en toute sincérité, qui osera claironner ces jours qu’il a tout compris…? Cette trame de destins croisés, entremêlés, à l’ombre des tours de refroidissement de la centrale nucléaire locale a de quoi alimenter une puissante mythologie des bois et de l’atome.

Tout en grincements et crissements

Le talent des auteurs et réalisateurs – le Suisse Baran bo Odar pilote la plupart des épisodes – est de saturer leur public de manière à la fois intellectuelle et sensorielle. Hormis le troisième chapitre de Twin Peaks, dans un registre tout à fait différent, on a rarement vu et entendu, ces derniers mois, une série à la bande-son aussi présente, affirmée et pensée. Tout en grincements et crissements inquiétants, ainsi qu'en nappes électroniques de type années 1980, la musique de Ben Frost occupe tout l’espace. Au point que c’en est parfois un peu ridicule: voici à l’image une scène parfaitement anodine, une famille au petit-déjeuner, et, en fond sonore, une variation bavaroise sur Les Dents de la mer.

Une puissance sonore

Néanmoins, l’ensemble emballe le spectateur par cette puissance sonore, de musique et de sons métalliques. Les cliquetis de la machine à voyager dans le temps tiennent à eux seuls du chef-d’œuvre de confection audiovisuelle.

Dark accroche, retient puis affole son public par cette conjonction parfaite, cette façon d’envelopper le curieux. Dès le générique, issu d’une superbe chanson du DJ Apparat avec la chanteuse autrichienne Soap & Skin. Réunion de talents.


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