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La série «Narcos» survit à Pablo Escobar

Netflix a dévoilé la troisième saison de l’une de ses meilleures séries. Passant au cartel de Cali après la mort du parrain de Medellín, elle garde toute sa pertinence

Les auteurs et principaux producteurs de Narcos l’ont toujours dit, leur série n’est pas exclusivement basée sur le destin brisé de Pablo Escobar. Posture tactique face au diffuseur Netflix, qui approuve les budgets: si le feuilleton rencontrait le succès, il fallait pouvoir argumenter afin de poursuivre l’aventure.

La voilà donc, cette suite, une troisième saison disponible depuis vendredi dernier. Le début est rude. Privée de l’acteur Wagner Moura, charismatique même quand il campe Escobar bougonnant en glandant au bord de sa piscine, la série doit se reformuler.

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De Medellín à Cali

Les deux premiers épisodes de cette nouvelle saison sont d’un abord difficile, nous plongeant sans préambule dans la réalité d’alors des circuits de drogue post-Escobar, au milieu des années 1990. Plus qu’auparavant, le fil conducteur est le personnage de Javier Peña (Pedro Pascal), l’agent de la force américaine anti-drogue, la DEA. L’intrigue change de ville, puisqu’elle porte désormais sur les maîtres barbus du cartel de Cali, lesquels ont contribué à la mise à mort du moustachu de Medellín. A ce moment-là, le cartel de Cali domine le pays, et la planète drogue.

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Fidèle à son habitude documentée d’égrainer quelques chiffres, le feuilleton mentionne, par la voix off de Peña, les ahurissants montants de centaines de millions de dollars drainés chaque mois, avec quelques détours, depuis les rues des grandes cités américaines vers la Colombie.

La constante pertinence d’un propos

Il vaut la peine de surmonter l’entrée en matière plutôt raide. En termes d’action, manifestement doté de moyens accrus, Narcos chapitre 3 offre quelques beaux morceaux, dont une poursuite de voitures/camion dans les rues de Cali ou de spectaculaires moments dans les opérations de traque des patrons du cartel. Cette intensité rythme un propos qui reste d’une constante pertinence.

L’ère personnalisée d’Escobar laisse la place à un conglomérat de la poudre, et Narcos suit cette fragmentation: les forces opposées sont à la fois les trafiquants et la DEA, mais aussi les policiers corrompus et les autres cartels. Sur son mode de thriller haletant, la série créée par Carlo Bernard, Chris Brancato et Doug Miro raconte la «guerre contre la drogue», celle que veut revivifier Donald Trump, avec une grande justesse. Bonne nouvelle, il y aura une quatrième saison. On changera de pays.


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